Un extrait de ce que j'écris? D'accord.

Un extrait de ce que j'écris? D'accord.
Etant donné que vous êtes de plus en plus nombreux à me demander pour lire mes écrits, je poste comme promis l'une de mes "oeuvres". Mais entendons nous sur le fait qu'"oeuvre" est un bien grand mot pour ce que c'est, car je n'ai ni le talent d'un Zola, d'un Lewis ou d'une Rowling, et dans le cas présent je vous offre juste la biographie d'un personnage de mon invention, que j'ai offert à un ami très cher pour un forum de jeux de rôles. Serez vous étonnés si je vous révèle qu'il s'agit d'un vampire? :D D'un vampire âgé de plus de deux siècles qui renia définitivement les quelques vestiges d'humanité qui restaient en lui pour se tourner définitivement vers le Mal après que sa soif de sang l'eut poussé à tuer la jeune femme que le Destin paraissait lui avoir envoyé pour lui réapprendre à aimer...

/!\ Il ne s'agit pas d'une nouvelle ou d'un extrait de roman, ce que vous allez lire c'est en fait une sorte de résumé de l'existence d'un personnage naît de mon imagination et qui évolue désormais sur le forum HP Aslan. Ne soyez pas surpris par la forme de ce texte, qui est un peu comme la fiche d'identité du personnage. Bien sur il a évolué depuis et vécu de multiples aventures supplémentaires, et si vous voulez les connaître demandez je serai ravie de vous répondre =)

Maintenant, place à l'histoire de Graziano...

Ps: Lisez le sous word vous y verrez peut être plus clair. J'aimerai également vous demander un peu d'indulgence, je n'égale pas un Balzac ou une Meyer, mais pour moi qu'importe tant que le plaisir d'écrire ne me quitte pas. Et vous pouvez être surs que ça ne sera jamais le cas...

Ah oui, une dernière chose encore...

Si je trouve l'histoire de ce personnage ailleurs que sur mon blog ou que sur le forum où il évolue sans que la personne n'aie mis un lien vers l'un ou l'autre, je vous prie de croire que ça va faire très très mal! Respectez le travail des autres! Si jamais un seul crétin s'avise de plagier, il va amérement le regretter! Les lois et les tribunaux existent et je n'hésiterai pas à porter plainte pour vol de propriété intellectuelle!
J'espère avoir été claire...


Sur ce, je vous laisse avec notre petit vampire :D



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Nom: Soldati

Prénom: Graziano

Race: vampire

Âge physique et âge réel: 21 ans/255 ans Il est né en 1743.

Histoire:

C'est une histoire très ancienne
Sa beauté défie le temps
Elle parle d'un homme qui aimait éperdument
Et qui connut un jour la défaite...


Un jeune moldu de 21 ans sort de la Bastille, la plus redoutable des prisons du royaume de France. Il vient d'y passer 7 mois pour s'être moqué d'un homme politique par quelques poèmes irrévérencieux, comme l'avait fait Voltaire qu'il admirait tant, avant lui.
Par précaution, il les avait écrit en latin, mais au 18ème siècle tout le monde comprend le latin.
Jamais on n'avait vu ça. Jamais un peuple entier n'avait montré autant de hâte à apprendre, à s'instruire...Toutes les classes de la société communiaient dans la même passion, le même enthousiasme pour les lettres, les sciences, les arts ou la philosophie...
C'était le prestigieux siècle des Lumières, le siècle éclairé par les connaissances et le progrès. L'humanité commençait enfin à quitter les chemins sinueux et stupides sur lesquels l'entraînait l'Eglise, bien que cette dernière n'avait pas disparue, loin de là...Les tribunaux religieux comme l'inquisition, traquaient et persécutaient impies et sorcières avec encore plus d'acharnement qu'auparavant.
Le libéré de la Bastille avait d'ailleurs souvent eu de gros démêlés avec eux, mais des amis plutôt bien placés dans les hautes sphères sociales de la société française de l'époque, lui avaient prêté main secourable lorsque son mode de vie attisait un peu trop la haine des prêtres et autres personnes de leur espèce...Car Graziano Soldati, fils de riches italiens venus s'installer en France bien des années auparavant, était l'un de ces bourgeois déclassés et libertins qui ne manquaient jamais d'étaler leur impiété...

Tout simplement heureux, le jeune homme allait par les rues d'un pas vif et léger. Glissant sa main dans sa poche, il en tira un papier qu'il contemplât pour la énième fois, et sur lequel étaient tracés d'une écriture souple et appliquée, ces mots:

Graziano

Mon mari vous a tiré d'affaire une fois de plus, mais je vous en prie, tenez vous tranquille maintenant. Il ne pourra pas toujours vous sauver la mise, vos ennemis sont féroces et bien décidés à vous voir brûler sur le bûcher des hérétiques.
Gardez vous de toute chose compromettante, et je vous rappelle que ce soir se réuniront chez la duchesse du Maine, tous les grands de ce siècle pour lesquels je sais que vous avez beaucoup d'admiration. Certainement nous y croiserons nous.

Affectueusement
Camille


Cette journée s'annonçait bien. Graziano venait de sortir de prison et sa plus noble amante lui donnait rendez vous le soir même dans un de ces salons qu'il aimait tant et où les plus grandes personnalités du royaume se réunissaient pour disputer idées nouvelles. Et pas n'importe lequel, celui de la duchesse du Maine, le premier salon de Paris, où on avait déjà vu Voltaire au milieu de beaucoup d'autres gens aussi intelligents que lui.
Et puis il n'était pas encore 11 heures, ce qui lui laissait tout l'après midi pour vaquer à quelques occupations en attendant d'aller retrouver sa douce et tendre Camille.

La première chose qu'il fit, ce fut de passer chez lui afin de revêtir une tenue plus élégante que ce qu'il portait en prison. On ne séduisait aucune femme en haillons. Et séduire était le maître mot de Graziano, ce sur quoi était fondé toute sa vie.
Il savait qu'à Paris, aussi bien la réussite sociale que financière passait avant tout par les femmes. On n'arrivait à rien si aucune d'entre elles ne vous prenait sous son aile et ne vous soutenait dans vos entreprises.
Et ce que cherchait le jeune homme à travers leur aide, ce n'était pas l'argent, quoi que l'appât du gain avait toujours été un instinct très développé chez ce fils de banquier italien, mais ce qu'il cherchait avant tout, c'était à se faire une place dans le milieu artistique. Depuis sa plus tendre enfance, il se passionnait pour la peinture et la littérature, et rêvait d'être un jour placé au même range que Rousseau, Diderot, Watteau, et tous ces grands hommes qui laisseraient à jamais leur empreinte dans la culture française.
Vous l'avez compris, le jeune Soldati était un ambitieux, une de ces personnes avides de gloire et de reconnaissance.

Après s'être changé, Graziano regarda non sans une certaine fierté son reflet dans le miroir. En face de lui, sa réplique le toisait de son regard calme et haut, presque hautain. Ses longs cheveux descendaient dans une cascade de boucles noires sur ses épaules, encadrant son visage aux traits fins et à la peau délicatement halée.
La prison ne l'avait pas aussi défraichi que ce qu'il s'était imaginé. Alors il s'étudia comme le font les acteurs pour apprendre leurs rôles et le jouer ensuite à la perfection. Il se sourit, se tendit la main, fit une multitude de gestes divers et courants comme saluer un égal, exprima des sentiments: la surprise, l'approbation, la joie...Il chercha également les degrés de sourire et les intentions du regard pour se montrer galant auprès des dames, leur faire comprendre qu'on les admire ou qu'on les désire...

Quand il fut pleinement satisfait de l'allure qu'il avait, le jeune homme rédigea rapidement un mot à sa mère pour lui apprendre sa sortie de prison et lui faire savoir sa visite prochaine, puis il sortit du petit appartement dans lequel il vivait seul.
Il avait quitté la maison familiale à l'âge de 19 ans pour voler de ses propres ailes. Mais bien entendu au moindre problème, il savait où trouver papa et maman qui s'empressaient d'accourir. Tout comme sa panoplie d'amantes pour le peu qu'il leur en touchait deux mots l'air de rien.
Car en plus d'être un séducteur invétéré, véritable Dom Juan de son époque, Graziano était un excellent comédien.
Il avait à trois reprises échappé à l'inquisition en jurant à ses représentants venus pour l'arrêter, qu'il avait changé, qu'il s'était converti et qu'il regrettait profondément tous ses pêchés d'infâme libertin.
Evidemment tout ça n'était que du vent. Mais on l'avait cru.

Sur le chemin, il convainquit un paysan qui passait par là d'aller remettre le billet qu'il avait écrit pour sa mère à l'adresse qu'il lui indiqua, moyennant quelques pièces d'or, puis c'est d'un pas allègre et léger qu'il se rendit chez Mme la Baronne de Lieven, une femme charmante et pleine de bons goûts qui lui accordait toute sorte de gentillesses en échange d'un peu d'affection...
Elle était mariée depuis peu, mais son mari, débordé par le travail disait-il, n'était que rarement présent à ses cotés, et la solitude lui pesait affreusement. Le bel italien sourit en songeant à quel point lui et ses poèmes galants avaient dû manquer à la pauvre femme pendant ces 7 mois!
Mais ils allaient rattraper le temps perdu. Graziano avait toute la journée devant lui avant son rendez vous avec Camille, et si ses souvenirs étaient exacts, le mari de la Baronne ne rentrait jamais manger le mardi.
Décidément, c'était vraiment une journée pleine de promesses...
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La nuit était depuis longtemps tombée sur Paris, apportant avec elle ceux que les parisiens de bonne famille appelaient « le peuple de l'ombre », terme désignant les mendiants, les criminels et les rôdeuses, ces filles de la nuit qui distribuaient amour et gentillesses à qui le voulait du moment que sa bourse n'était pas vide...

D'un pas vif, un grand sourire aux lèvres, Graziano marchait dans la rue. Cela faisait longtemps qu'il ne s'était pas senti aussi euphorique. La soirée avait été merveilleuse. Comme le lui avait promis Camille, d'importantes personnalités s'étaient rendues chez la duchesse, et on y avait causé philosophie et littérature jusqu'à une heure avancée...

Le jeune artiste avait écouté ses aînés avec passion et avidité, emmagasinant chaque remarque pour la rendre profitable ensuite à ses propres ½uvres. Mais son bonheur de se trouver dans une pièce entouré de gens illustres, n'était que peu de choses comparé aux heures riches en émotion qu'il venait de passer entre les bras de Camille, dans le petit appartement qu'elle avait acheté pour qu'ils aient un petit nid rien qu'à eux lorsqu'ils se retrouvaient. Et cela aux frais de son époux qui pensait financer une pièce où sa femme retrouvait ses amies pour discuter tranquillement loin des oreilles indiscrètes de leurs domestiques.
Après une nuit d'amour courte mais mouvementée et délicieuse, les deux amants s'étaient quittés à regret pour gagner leurs domiciles respectifs avant que le mari de la jeune femme ne s'étonne de ne pas la voir revenir.

Le bel italien allait en sifflotant gaiement, sans se soucier de l'heure tardive et des dangers qu'il courrait à ne pas se faire plus discret. Mais de toute façon, cela n'aurait rien changé. Et à cette heure, il se sentait invincible. Camille allait faire jouer ses relations pour l'introduire définitivement dans le milieu très fermé des arts qu'il avait commencé à infiltré à force d'efforts et de patience, ce serait ensuite à lui de faire ses preuves.
Rien n'était encore joué, mais il se voyait déjà auréolé de gloire, ses ½uvres couronnées de succès...Oui, à cet instant Graziano avait l'impression que le monde s'ouvrait enfin à lui et que bientôt, il s'inclinerait devant son talent. Il se sentait invulnérable, et il avait tort...

Alors qu'il passait devant une ruelle plongée dans les ténèbres, une voix d'homme suppliante, aux accents désespérés l'apostropha:
-"Au secours! Je vous en supplie, aidez moi!"
Surprit, Graziano se tourna vers l'allée, les yeux plissés, scrutant l'obscurité.
-"Qui est là?" Demanda-t-il avec une pointe d'anxiété. "Approchez."
-"Je ne peux pas, je suis blessé", répondit la voix sur le même ton douloureux que précédemment.
Le jeune homme hésita. La peur lui nouait la gorge...
Mais la surmontant, il s'engouffra dans la sombre allée, en se disant qu'un Soldati dont le nom serait sans doute bientôt connu de toute la France, ne devait pas laissé son courage flancher sitôt qu'il ne distinguait pas la personne qui l'appelait. Il avait passé l'âge d'avoir peur du noir! Et puis il ne pouvait laisser ce pauvre bougre mourir dans cette ruelle envahie d'immondices sans n'avoir rien tenté pour l'aider.
-"Par ici!" Gémit l'homme.
Naïvement, Graziano continuait de marcher vers lui. Puis alors qu'il s'immobilisait au milieu de la petite allée, essayant de distinguer quelque chose dans le noir avec ses pauvres petits yeux de mortel, un bras puissant lui ceignit le torse, lui coupant le souffle, et une large main se plaqua sur sa bouche.
Graziano se débattit de toutes ses forces, gesticula autant qu'il le put, frappa son agresseur avec ses jambes et ses coudes, mais rien n'y fit. Il avait beau lutter, le monstre ne le lâchait pas et l'entraînait vers le fond de la ruelle. Ce ne pouvait être un humain, c'était impossible! Il était doté d'une force trop grande pour faire parti du commun des mortels...

Le c½ur du jeune homme se mit à battre la chamade et en son for intérieur, il pria, lui l'impie se défiant du Ciel, le Seigneur pour que cet homme, cette créature ou quoi que ce soit d'autre, ne lui fasse pas de mal.
« L'homme » le jeta sur un lit d'immondices et s'assit à califourchon sur son ventre. Autour d'eux, les déchets dégageaient une puanteur insoutenable.
Graziano hurla, son agresseur lui plaqua de nouveau une main sur la bouche et de l'autre, le saisit par les cheveux.
-"Ils sont noirs comme la nuit et doux comme la soie", commenta-t-il d'un ton appréciateur. "Et tu as un visage d'ange. Tu es parfait, je ne serai plus jamais seul..."
L'obscurité était telle que Graziano ne distinguait de l'autre que les contours de son visage, mais chose troublante, il l'avait l'impression que l'autre en question le voyait parfaitement.
-"ça fait longtemps que je t'observe tu sais", reprit-il d'un ton presque goguenard. "Je t'ai choisi Graziano, et tu devras m'être reconnaissant du don que tu vas recevoir."
Le jeune italien secoua la tête avec désespoir. L'homme glissa une main dans son dos.
-"Tu m'aimeras", affirma-t-il. "Désormais plus de parents, plus d'amis, plus de femmes, tu es à moi, rien qu'à moi!"
Il se pencha alors vers son cou, et Graziano eut un violent haut le c½ur en sentant la bouche froide de son agresseur entrer en contact avec sa peau. Et c'est alors qu'il vécu la minute la plus atroce de sa vie...
D'un tel agresseur, il pouvait tout craindre. Il avait cru qu'il le torturait, qu'il le violerait même, puis qu'il le tuerait pour récupérer l'argent qu'il portait. Mais jamais, jamais il n'aurait pu imaginer ce qu'il se passa cette nuit là...
Il poussa un gémissement lorsqu'une douleur aigüe, mais brève, le transperça alors que les canines du monstre elles, transperçaient la peau tendre de sa gorge. Il buvait son sang!
Un vertige saisit Graziano. Autour de lui la réalité du monde s'estompa. Il ne sentait plus rien...Plus rien sauf une seule chose: les lèvres du monstre qui pompaient son sang avec avidité.
Ce dernier se redressa puis sortit un couteau de sa poche. Il porta la lame à sa gorge et trancha sa propre chair. Puis il pris sa victime dans ses bras et appuya son visage au creux de son épaule.
-"Bois Graziano", ordonna-t-il, "bois pour vivre..."
Serré contre lui, les lèvres du jeune homme touchèrent sa peau tiède et moite. Il essaya de s'écarter mais était trop faible pour résister. Le goût du sang qui perlait sur sa peau titilla sa langue. Aussitôt, ses sens se réveillèrent et un frisson semblable à une décharge électrique fusa dans tout son corps.
Ses lèvres s'ouvrirent d'elles mêmes, et le liquide de vie, chaud et salé de son agresseur coula dans sa bouche. Il n'eut d'autre choix que de le boire sous peine de s'étouffer.
La soif de sang le posséda totalement, prenant le contrôle de tout son être. Oui, il but. Avidement, goulûment...

Et tandis que le sang du monstre coulait en lui, d'extraordinaires sensations commencèrent à envahir son corps, c'était si intense qu'il n'arrivait plus à s'arrêter, et ce fut le monstre, éclatant de rire, qui dut l'écarter de lui.
-"Cela suffira pour aujourd'hui", dit-il en rallongeant le jeune homme sur sa couche d'immondices.
Ce dernier resta inerte un moment. Soudain, sa vision se clarifia. Il voyait maintenant comme en plein jour! Malgré l'obscurité, il distinguait à présent les moindres détails du visage pâle de son agresseur, de ses yeux noirs, de ses lèvres où perlaient encore quelques gouttes de sang. Il discernait les plus petites aspérités du mur sur sa droite...

Son odorat et son ouïe étaient également décuplés. Il identifiait les moindres odeurs répugnantes qui encombraient la ruelle, et entendait les conversations des rôdeuses et d'hommes qui passaient dans la rue, là bas...
Il entendait le frottement de leurs chaussures sur le sol. Il entendait leurs c½urs battre dans leurs poitrines...
-"Qu'est-ce qui m'arrive?" S'écria-t-il en plaquant ses mains sur ses oreilles et en fermant les yeux, terrifié comme jamais. Sa voix aussi avait changé. Elle était plus chaude et plus claire encore qu'auparavant.
-"Tu apprendras à maîtriser tes sens", affirma le monstre. "Tu sauras bientôt n'entendre que ce que tu veux, ne sentir que ce dont tu as besoin. Je t'enseignerai tout cela."
Il lui saisit les mains et l'obligea à le regarder.
-"Tu vivras éternellement Graziano. Tu es immortel désormais. Comme moi."
-"Co...comme...vous?" Balbutia-t-il, horrifié.
L'autre sourit.
-"Maintenant viens, je vais te donner ta première leçon."
Il le mit sur ses jambes et le tira en direction de la rue. Graziano résista et dans le mouvement, son habit se déchira.
-"Tu es déjà fort", déclara le monstre d'un ton satisfait en l'empoignant par la taille. "Et tu le seras encore plus une fois que nous nous serons rassasiés. "
-"Rassasiés?"
Un sourire mauvais plissa ses lèvres, découvrant ses canines pointues.
-"Oui", répondit-il en désignant les passants dans la rue. "Grâce à eux. Dépêchons nous, l'aube ne va pas tarder et la lumière du soleil nous est fatale."
L'horreur tordit le ventre du jeune homme. Ce monstre était donc véritablement un vampire, un de ces êtres buveurs de sang dont parlaient les contes et autres histoires? Cette idée lui était venue à l'esprit depuis le début, mais il l'avait chassé en se disant qu'il avait du se laisser abuser par la peur, qu'il n'avait qu'imaginé cette sensation horrible de morsure, que cet homme n'était qu'un fou...
Celui-ci le pris dans ses bras sans crier gare, et l'italien se débattit encore, mais en vain. Le monstre le jeta au travers de son épaule et se mit à escalader le mur d'un bâtiment, telle une araignée maléfique. Graziano avait si peur de tomber qu'il cessa de gesticuler. Arrivé sur le toit, son agresseur prit son élan et sauta vers la maison voisine.
Il continua ainsi sa course folle pendant quelques minutes, sans jamais s'arrêter, bondissant de toit en toit comme si cela ne lui demandait aucun effort. Son passager aurait voulu hurler mais la terreur le tétanisait au point qu'aucun son ne sortait de sa gorge.
Enfin, ils redescendirent dans la rue.

-"Ceux là seront parfaits."
Graziano regarda les trois hommes que lui désignait le vampire. Trois pauvres hommes transis de froid qui se chauffaient les mains autour d'un baril dans lequel brûlait du feu.
Avant qu'il n'ait eu le temps de crier pour les prévenir, son agresseur le lâcha et se précipita sur le petit groupe si vite que Graziano lui-même eut du mal à le voir.
Il agrippa l'un des hommes alors que les deux autres s'enfuyaient en hurlant.
-"Viens te nourrir. Ne résiste pas Graziano", fit-il en se tournant vers lui qui était muet d'effroi alors que l'humain cherchait vainement à s'échapper. "Toute ta vie je t'ai surveillé, attendu, et maintenant tu seras toujours avec moi. Viens boire ou tu essuieras ma colère!"
Sans attendre le vampire nouveau né, il se pencha vers le cou de sa victime qu'il perça de ses canines acérées.
Graziano était à la fois terrorisé et ivre de dépit. Mais son instinct le poussait à réagir. Il ne voulait pas être un monstre! Il ne voulait pas vivre avec cet être infect qui voulait le forcer à le suivre et à l'imiter! Il ne voulait pas non plus assister au meurtre d'un innocent!
Il était fort. Son agresseur l'avait dit lui-même. Et en effet, il sentait qu'il avait de nouveaux pouvoirs, qu'il ne tenait qu'à lui de les utiliser.
Il s'avança vers le vampire qui festoyait, sans savoir ce qu'il allait faire, mais déterminé à l'arrêter. Car Graziano n'était pas foncièrement mauvais.

De grosses bûches dépassaient de la gueule du baril où brûlait le feu que les malheureux avaient allumé pour se réchauffer. Aussitôt, il en saisit une. L'extrémité qu'il tenait était froide, mais celle qui émergea du baril était enflammée.
Le monstre continuait de boire le sang de sa proie sans se soucier de lui. Poussant un grognement féroce, Graziano se jeta sur lui et abattit son arme improvisée sur sa tête avec une rage incroyable.
Sous le choc, le vampire lâcha le pauvre et tomba à genoux. Mais ce ne fut pas sa force qui le terrassa, il aurait pu se relever. En revanche, le feu en vint à bout...
Quand le bout incandescent de la bûche entra en contact avec sa peau, il s'embrasa comme une torchère. Son corps prit feu en un clin d'½il. Il se redressa, montra les crocs, fit le geste de venir vers Graziano mais le feu le dévorait complètement. Soudain, la flamme devient blanche, parut s'élever jusqu'au ciel, puis s'évanouit...
C'était fini, le monstre avait disparu...

Graziano contemplât ses mains quelques instants. Elles étaient devenues d'une pâleur cadavérique...
Mais n'étais ce pas ce qu'il était désormais? Un cadavre? Un cadavre buveur de sang?
Il avait envie d'hurler. Il avait été transformé en monstre. Il était devenu une créature aussi abominable que celle qu'il venait d'assassiner.
Tout cela paraissait tellement surréel! C'était impossible...Il devait cauchemarder...Dans quelques minutes il se réveillerait bien au chaud dans son lit et tout serait fini!
Mais il ne pouvait pas être devenu vampire, les vampires n'existaient pas!
Une quantité infernale de pensées se bousculait dans son esprit déboussolé. Il était perdu, maudit...
Camille, Mme de Lieven... Il ne les verrait plus jamais! Fini ces douces années à profiter pleinement de la vie, réduit à néant ses espoirs...Comment pourrait-il être reconnu comme un grand peintre, poète et romancier, dans sa nouvelle condition? Comment pourrait-il aller parader alors qu'il ne pourrait plus jamais revoir la lumière du jour et qu'il verrait tous ses admirateurs comme des proies potentielles?
Son regard se posa sur le cadavre de l'humain qui reposait sur les pierres froides et grossières de la rue, dans une mare de sang. Graziano aurait-il la force de tuer des innocents pour assurer le prolongement de son existence maléfique? Non, certainement pas. Jamais il ne pourrait faire une telle chose.
Il eut soudainement une envie irrépressible de rester là à attendre la morsure brûlante du soleil pour mettre fin à sa vie d'immortel...Il ne méritait pas de vivre...

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Graziano que son instinct avait poussé à aller se mettre en sureté malgré tout, avait tout d'abord trouvé refuge dans son appartement qu'il avait réussi à plonger dans une obscurité totale en condamnant les fenêtres de l'intérieur.
Les premiers jours qui suivirent sa transformation furent parmi les plus douloureux de toute son existence. Il craignait de sortir de peur de s'attaquer à quelqu'un, et ne pouvait même pas répondre aux billets, lettres et missives en tout genre regorgeant d'inquiétude de ses parents, amis et amantes qui n'avaient plus aucune nouvelle de lui. Sans doute étaient-ils tous fous d'angoisse à l'idée qu'il ait pu se faire emprisonner par des religieux et tuer en secret...
Si le mystère, l'ignorance du lieu où se trouvait leur cher fils, ami ou amant devait être horrible, celle de ne pouvoir aller les rassurer sans risquer de les tuer l'était tout autant pour le jeune vampire.
La soif de sang...Elle ne faisait que s'accroître au fil des heures, le rendant fou...
Il avait soif...Soif de ce liquide chaud et salé, à la douceur amère et pourtant délicieux, qui coulait dans les veines des mortels...
Mais il s'interdisait de sortir chasser, jamais il ne ferait de mal à ceux qui hier encore étaient ses semblables.
Il restait immobile, terrorisé, terré dans un coin de sa chambre, au milieu de ses précieux tableaux.
Et puis il ne savait même quelles étaient les limites des pouvoirs que lui conférait sa nouvelle race. Tout ce qu'il savait sur les vampires, c'est que c'étaient des morts qui buvaient le sang des vivants, et qu'ils craignaient la lumière du soleil.

Il était perdu...Ne savait plus quoi faire...
Il n'avait pas la force de s'exposer au puissant astre du jour, et ne l'aurait jamais. Il ferait mieux de trouver une solution pour aménager sa nouvelle existence de façon à ce qu'elle lui soit agréable, et non un calvaire.
Et très vite il comprit qu'il ne pourrait pas rester éternellement ici. Il devrait bien sortir se nourrir un jour ou l'autre, et alors il risquait de perdre le contrôle de lui-même à avoir trop attendu.
Une nuit, il se décida à faire ce qu'il voulait à tout prix éviter: partir. S'exiler, loin, très loin de Paris où la soif de sang qui le tenaillait férocement l'habitait en permanence.
Oui, c'était ce qu'il y avait de mieux à faire...
Le 6 juin 1764, c'est le c½ur lourd que Graziano s'exila donc loin de la ville de lumière. Il n'écrivit aucun mot à ses parents pour leur dire qu'il partait. Quelles raisons leur donnerait-il? Mieux valait qu'ils le croient mort plutôt que de sans cesse se tourmenter sur les raisons qui poussa leur fils à partir loin d'eux et à ne plus jamais venir les revoir...
Il gagna le Nord du pays et s'installa dans ce qu'on appelait -et qu'on appelle toujours ainsi aujourd'hui- la France du vide.
C'était une région où il y avait peu de population, par conséquent son désir de sang fut plus facile à refreiner. Son régime alimentaire était uniquement fondé sur le sang d'animaux, sauvages essentiellement, bien qu'il y eut malheureusement quelques accidents que le jeune vampire ne put éviter malgré toute sa bonne volonté.
Les années passèrent...Petit à petit il apprit à mieux connaître ce nouveau lui qu'il était devenu et à maîtriser ses pouvoirs d'immortel. Et, peut être étais-ce du au fait qu'il prêtait beaucoup plus d'attention aux animaux que les autres vampires, mais il développa un pouvoir qu'aucune histoire sur les gens de son espèce n'avait jamais mentionné: il pouvait comprendre les animaux et les diriger comme ça lui chantait, qu'il soit à proximité ou à distance. Ils obéissaient au moindre de ses souhaits...

Quand il ne chassait pas ou ne se promenait pas tout simplement, Graziano, dans la cave d'une ferme en ruine qu'il avait aménagé de façon à en interdire l'accès à tout mortel, peignait ou écrivait. Puisqu'il avait l'éternité devant lui, autant qu'il en profite pour aiguiser ses talents. Et puis ça lui permettait de passer le temps et de se remémorer tout en les immortalisant, des scènes de sa vie de jeune humain à travers ses tableaux et ses écrits.
Sa famille, les femmes, le soleil...Tout cela lui manquait énormément...
Mais pour le bien de tous, il préférait demeurer à jamais seul et à sa plus grande surprise, il finit par prendre goût à cette solitude qui lui avait tant pesé ses premières années...

Le temps passait effroyablement vite...Une foule d'événements se succédèrent...La révolution de 1789, la Terreur, le règne de Napoléon...Puis survient l'âge industriel, les trois glorieuses, le second empire précédé et suivit de Républiques, la guerre de 1870 talonnée de près par la guerre civile qui opposa Républicains et monarchistes, et enfin la Grande Guerre...
Même si Graziano poursuivait son existence d'ermite, il suivait de près tout ce qui se passait chez les Hommes, et le chemin vers lequel se tournait l'humanité l'effrayait parfois sérieusement...
Si les combats de son époque étaient déjà terribles, alors que dire sur ceux auxquels il assistait de loin sur le sommet d'une colline, invisible aux yeux des humains grâce aux manteau noir de la nuit.
De nouvelles armes étaient apparues: obus, bombes, grenades, gaz...
Et Graziano éprouvait en même temps qu'une grande admiration, une peine immense pour tous ces soldats français, loin de leurs familles, coupés du monde, plongés dans cet enfer terrestre...
Exceptionnellement, le vampire faisait quelques entorses à son régime à base de sang animal en buvant celui de quelques officiers allemands qui avaient le malheur de croiser sa route. Déjà résolues ses bonnes résolutions selon lesquelles il ne tuerait jamais d'humain? Non, voler des vies humaines le répugnait toujours autant. Mais ces hommes qu'il tuait, n'étaient-ils pas des ennemis de sa chère, de sa douce France?
Même s'il ne prenait directement part à la guerre, Graziano, qui malgré ses origines se sentait profondément français, tenait tout de même à apporter sa participation en supprimant discrètement quelques adversaires. Et même si c'était peu, c'était toujours ça de bras en moins pour infliger blessures et coups à sa tendre patrie...

Cette guerre terrible qui dura plus de quatre ans, prit fin le 11 novembre 1918 à la plus grande joie de tout le pays. Mais les séquelles qu'elle avait laissé derrière elle étaient profondes et douloureuses...Certainement même ne guériraient-elles jamais...
Combien de fois le vampire avait-il entendu veuves et orphelins pleurer un mari ou un père disparu? Combien de fois son ouïe ultra développée lui avait-elle apporté les lamentations déchirantes d'une mère maudissant Dieu pour ne pas avoir protégé son fils?
Mais comme beaucoup, Graziano se consolait en se disant que cette guerre et les atrocités qu'elle avait apporté avait ouvert les yeux à l'humanité et qu'elle était « la Der des Ders ». Il se trompait...

Pâques 1938. La radio annonce que le chancelier Hitler vient d'envahir l'Autriche. Occupé à peindre un tableau représentant d'anciens combattants mutilés, Graziano leva la tête. Une inquiétude dévorante commençait à le ronger. Cette histoire ne lui disait rien qui vaille.
Voilà déjà plusieurs semaines qu'on parlait de l'armée qu'Hitler se constituait en Allemagne, alors que le traité de Versailles signé à la fin de la guerre précédente le lui interdisait.

Dans les mois suivant, l'immortel sitôt rentré de sa chasse nocturne, allumait la radio et écoutait les nouvelles avec une anxiété grandissante...
Le 1er avril 1938, on annonce qu'Hilter est entré en Tchécoslovaquie. Toute la soirée Graziano l'écouta prononcer un discours. Ne parlant pas allemand le vampire n'y comprenait rien, mais il cherchait part les inflexions de la voix de l'orateur, à deviner s'il fallait tout redouter ou s'il pouvait se rassurer.
A partir de là, tout les nuits après s'être rassasié, Graziano se mettait en quête de journaux qui traîneraient dans les poubelles, et les lisait d'une traite. Certains lui révélèrent qu'une conférence internationale se déroulant à Munich réunirait Hitler, Mussolini, Daladier et Chamberlin, le Premier ministre britannique.
Graziano attend...
Quel soulagement en apprenant qu'ils sont parvenus à un accord! La France et la Grande-Bretagne reconnurent les annexions faîtes par l'Allemagne.
Hitler jura qu'il était satisfait et ne demanderait plus rien.
Mais en mars 1939, il envahit la partie de la Tchécoslovaquie dont il avait garanti l'indépendance et le 1er septembre, il entra en Pologne.
Cette fois c'en était trop. La France et la Grande Bretagne déclarèrent la guerre à l'Allemagne...

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Dans la nuit glaciale et silencieuse de décembre, une personne se déplaçait avec une telle agilité parmi les ruines de maisons touchées par les bombardements, qu'on aurait pu la prendre pour un félin plus véloce encore que ses semblables...
Comme toutes les nuits depuis près de 2 siècles, Graziano chassait. Mais il n'y prenait pas autant de plaisir que d'habitude. Les allemands étaient revenus, apportant avec eux mort et désolation, et les animaux, ses proies exclusives, se faisaient de plus en plus rares.
Quelle douleur, quelle rage le frappait au c½ur, lorsque le vampire sortait et trouvait dans le village non loin de son antre, des cadavres d'enfants, de femmes et de vieillards au milieu des habitations calcinées! Quand les hommes comprendraient-ils enfin que la guerre était le pire des crimes contre l'humanité?!

Le vampire s'en allait vers la forêt -ou du moins ce qu'il en restait- quand tout à coup, il s'immobilisa au milieu de la rue, tous les sens en alerte.
Il avait entendu quelque chose...
Il cilla. Ce bruit, c'était un...un gémissement. Un gémissement de souffrance, d'agonie.
Et c'était la voix d'un humain. Non, d'une humaine.
Il fronça légèrement les sourcils alors qu'il repérait la source du bruit.
C'était une maison en ruines de l'autre coté de la rue. Murs de briques prêt à s'écrouler, fenêtres éventrées et planchéiées...L'endroit n'était guère accueillant. Mais elle était là.
D'ailleurs, que faisait-elle dans ces ruines abandonnées depuis des mois?
Graziano resta un moment immobile, partagé entre l'envie de poursuivre son chemin s'en s'emmêler, et le désir d'aller la regarder de plus près...
Mais cela faisait tellement longtemps qu'il n'avait pas approché d'humains autres que les officiers allemands dont il se servait comme dîner.
Et si la soif de sang rugissait à nouveau en lui, comme lors de ses premières années, et qu'il la tuait? Et pourquoi cette envie d'aller la voir alors qu'en deux siècles d'existence en tant qu'immortel, il n'avait jamais cherché à entrer en contact avec les vivants?

Cette fois c'était différent. Il était attiré vers elle...C'était comme si une force irrésistible le poussait vers cette maison, comme s'il n'avait pas le choix...
Il traversa la rue, enjamba les planches clouées en croix dans l'embrasure de la porte d'entrée détruite et se fraya un chemin parmi les débris et les immondices qui jonchaient le sol, cherchant l'humaine.
Quand il la trouva, son c½ur fit un bond dans sa poitrine. Elle était recroquevillée par terre dans un coin obscur au fond de la pièce.
Son vêtement était déchiré, humide et crasseux. Ses cheveux de jais, hirsutes, emmêlés, sales eux aussi, tombaient devant son visage. Et comme elle était maigre! Ses mains...Seigneur, on en voyait les os!
Graziano s'approcha d'elle à pas lents et précautionneux, comme on s'approche d'un animal sauvage qu'on a peur d'effaroucher...
Elle releva soudain la tête. Dans ses yeux écarquillés, se lisait une terreur sans nom. Alors qu'elle le fixait, les nuages qui masquaient la lune dans le ciel s'écartèrent et un rayon de lumière blanche envahit la pièce, baignant son visage d'un halo surréel.
Graziano en eut le souffle coupé. Elle était d'une maigreur effrayante, mais elle était magnifique. Elle avait les pommettes hautes, le menton droit, un petit nez mutin, des lèvres pleines et un long cou d'albâtre...
Emerveillé, il la contempla un moment. Ses yeux paraissaient immenses, sans doute parce que son visage était très maigre, et ils lui donnaient l'air d'un ange.
- "Aidez...moi...par...pitié", murmura-t-elle d'une voix suppliante qui eut été inaudible pour un humain.
En la regardant plus attentivement, le vampire vit de petites goutes de sueur perler sur son front, et comprit qu'elle avait une forte fièvre.
-"Je vous...en prie", implora-t-elle, sur le point de pleurer.
Graziano allait s'approcher davantage, mais il ne bougea pas. Il ne lui voulait aucun mal certes, mais de là à l'aider...
Pourquoi quitterait-il sa douce solitude pour aider une humaine qu'il ne connaissait pas?
Le vampire se tourna pour partir, mais de nouveau la voix de la jeune femme s'éleva, aigüe et faible tout en étant vive à cause du désespoir qui l'habitait:
-"Non...Ne partez...pas! S'il vous...plaît! Ne me laissez pas...seule...ici!"
Il s'immobilisa.
-"S'il vous... plaît!" Implora-t-elle encore.
Il se tourna vers elle, prit de pitié en la voyant peiner à articuler ces quelques mots. Elle paraissait au bord de l'évanouissement...Il la fixa de longues secondes. Si cette jeune femme ne recevait aucun secours, elle mourrait dans les heures suivantes...
Il s'avança vers elle et la souleva du sol avec une facilité déconcertante alors qu'elle se répandait en remerciements.
-"Comment vous prénommez-vous?" Demanda-t-il d'une voix douce.
-"Liora..."
-"Soyez tranquille à présent Liora", poursuivit-il de la même voix chaude, "je vais prendre soin de vous..."
Elle écarquillait les yeux en le dévisageant. Il était beau, d'une beauté stupéfiante. Les traits de son visage la ravissaient. Il avait les yeux marrons, avec de petites rayures noires qui zébraient ses pupilles. Ses cheveux aussi noirs que la nuit, étaient courts et soigneusement coiffés. Elle songeait confusément qu'ils devaient être aussi doux que la soie, puis sombra dans l'inconscience...
Elle était brûlante. Il n'y avait pas une minute à perdre...

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Lorsque Liora rouvrit les yeux, elle se trouvait dans une cave. Cave que son sauveur avait aménagé avec les moyens du bord, mais qui était bien plus réconfortante que la veille maison en ruines de laquelle il l'avait tiré.
Elle était allongée sur un lit, à moitié recouverte de grosses couvertures en laine. Plus loin se trouvait un canapé et à proximité de ce dernier, un chevalet et une table de travail surmontée d'un candélabre diffusant sa douce lumière dans la pièce, et contre le mur du fond étaient entreposés de nombreuses peintures.
Liora garda des jours qui suivirent celui ou « le jeune homme » vint à son secours, bien peu de souvenirs. Elle était souvent à mi-chemin entre la conscience et le sommeil, sentant à peine la présence quasi permanente de Graziano à son chevet.
Le vampire consacrait presque tout son temps à essayer de faire tomber la fièvre. Il n'était pas médecin mais ses dons vampiriques lui permettaient d'identifier chaque plante qu'il croisait, et grâce à eux il savait lesquelles seraient bénéfiques à la jeune femme.
Et alors, qu'il passait avec douceur une serviette imbibée d'eau sur le visage de Liora pour la rafraîchir, il la contemplait d'un regard qui se faisait tendre sans qu'il ne s'en aperçoive.
Il fallait vraiment que son existence solitaire l'ait rendu cynique pour qu'il ait songé au début à abandonner pareille créature à son sort...

Durant près d'une semaine, il s'occupa d'elle avec une attention si grande qu'il s'étonna lui même. Il ne s'accordait que très peu de repos pour veiller sur Liora jour et nuit. Il l'aidait à boire quand elle était brûlante, la recouvrait quand elle tombait dans une fièvre froide, fouillait les habitations abandonnées de fond en comble dans l'espoir de trouver quelques vêtements moins abîmés et quelques denrées encore bonnes pour les lui rapporter. Et quand il n'en trouvait pas, il ramenait les proies de ses chasses qu'il faisait rôtir et qu'il découpait ensuite en petits morceaux pour qu'elle puisse les avaler.

Progressivement, la jeune femme reprit des forces. Et alors qu'assis sur le bord du lit, Graziano lui prodiguait les soins nécessaires, ils discutaient. Ils parlèrent d'abord de la guerre, des atrocités qu'elle engendrait, puis de fil en aiguille Liora en vint à parler de son histoire...
Jeune femme juive, elle avait toujours vécu en Allemagne. Sa famille était assez aisée bien qu'ils ne roulaient pas sur l'or non plus...
Le vampire l'écoutait avec attention, sans jamais l'interrompre. Compassion et horreur étaient les deux principaux sentiments qui se succédaient en lui au cours du récit de son invitée. Oui, horreur. Et rage aussi. En particulier lorsqu'elle lui avoua comment son oncle avait abusé d'elle après la mort de ses parents, lorsqu'elle était à peine âgée de 8 ans. Il l'avait battue et violée...
Après lui avoir fait pareille confidence, elle parut honteuse et déboussolée quelques instants, mais elle se reprit et enchaîna avec sa fuite, son errance en France et la course poursuite avec deux allemands auxquels elle avait réussi à échapper en se réfugiant là où il l'avait trouvé.
Elle ne savait expliquer pourquoi, mais cet homme lui inspirait confiance. Peut être parce qu'il l'avait sauvé d'une mort certaine et n'avait pas profité de sa faiblesse comme l'aurait fait d'autres, mais il y avait une autre raison, autre chose plus...étrange et indéfinissable...
Cet homme, son regard, ses gestes, ses connaissances...étaient fascinants...
Et cette façon qu'il avait, quand elle disait en riant qu'on avait assez parlé d'elle et qu'elle posait des questions sur sa vie à lui, de répondre par des mots vagues ou de simplement sourire, le rendait encore plus attirant, plus mystérieux...
Quand Liora fut totalement remise sur pieds, Graziano n'eut pas le c½ur à la laisser repartir et l'invita à rester avec lui le temps qu'elle voudrait. Car même s'il refusait de se l'avouer, faire une pause dans sa si longue solitude était loin de lui déplaire...

Les semaines passèrent...
La guerre faisait toujours rage, et Liora et Graziano vivaient toujours dans la cave de la veille ferme.
Les premiers jours, la jeune femme lui posait tout un tas de questions sur son mode de vie plutôt singulier pour un « jeune homme ».
A sa question sur son coté nocturne, il avait répondu qu'il y avait moins de chance de se faire repérer par les allemands dans le noir, à celle sur sa peau extrêmement pâle, il avait rétorqué en riant que vivant la nuit il aurait du mal à bronzer, et sur celle concernant le fait qu'elle ne le voyait jamais manger, il avait cette fois dit avec ce sourire espiègle qu'elle aimait tant, que c'était parce qu'il était bien trop occupé à la contempler...

Chaque nuit, ils sortaient à la recherche de nourriture. Lui partait trouver du gibier après l'avoir regardé avec inquiétude, partir vers les ruines chercher des aliments encore consommables.
Si elle n'insistait pas autant pour l'aider à trouver de quoi manger, Graziano l'aurait enfermé dans la cave pour être sur qu'il ne lui arrive rien. De plus, elle était inutile dans leur quête, puisque le vampire grâce à ses sens surdéveloppés, arrivait toujours à ramener quelque chose. Mais il ne pouvait pas refuser sa participation, car s'il était vraiment ce qu'elle croyait qu'elle était: un jeune homme qui comme elle se cachait des allemands, il n'aurait pas été aussi confiant en ses talents de chasseur et n'aurait pas craché sur un peu d'aide.
Et puis que risquait-elle? Si d'autres humains traînaient dans le coin, il le sentirait. Et si c'était des ennemis de sa douce France...Ils ne repartiraient pas vivants de ces terres...

Le retour dans leur antre était toujours joyeux. Liora, assise sur le canapé, affichait une fausse mine boudeuse en le voyant entrer avec en mains, un lièvre ou un faucon.
-"Mais ce n'est pas possible!" S'exclama-t-elle un jour avec un air faussement exaspéré en regardant le bel italien pénétrer dans la pièce, chargé de morceaux de viande de chevreuil qu'il avait soigneusement enveloppé dans des torchons propres, faute de mieux, alors qu'elle était une fois de plus revenue bredouille. "Aurais-tu une technique que je ne connaîtrais pas? Ou alors tu as des pouvoirs magiques! Tu les envoûtes c'es ça?"
-"Oui ce doit être ça! Ils sont incapables de résister à mon charme absolument irrésistible!" Répondit-il avec un sourire rieur, lançant à la jeune femme plusieurs beaux morceaux de viande, puis il alla poser les autres sur une petite étagère à l'écart du reste du mobilier. Avec la fraîcheur qui régnait à la cave, la viande pouvait conserver plusieurs jours.

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Liora était vraiment quelqu'un d'adorable. Malgré ce qu'elle avait subi, malgré les conditions difficiles pour une humaine, que présentait le mode de vie de son hôte, elle ne se plaignait jamais. Elle avait toujours le mot pour rire et aimait s'amuser. Très vite, une grande complicité s'était installée entre eux.
Il fallait les voir tous les deux, lui le vampire solitaire et elle, la jeune humaine pétillante de vie qu'il avait recueillie, jouer dans la neige jusqu'à ce que Graziano, de peur que la jeune femme n'attrape froid, la charge en riant sur son épaule et ne se dirige vers leur repaire. Il fallait les voir quand à l'intérieur de leur cave, Liora le cherchait gentiment par des chatouilles, et qu'il la saisissait dans ses grands bras et la portait sur le lit pour lui infliger cette même et douce torture.
Ces jeux enfantins rappelaient au vampire ses soirées avec ses amantes dans le Paris du 18ème siècle. Elles aussi adoraient le voir mimer une bête sauvage...Elles aussi adoraient qu'il immortalise leurs visages, leurs corps, dans l'un de ses magnifiques tableaux...

Mais avec Liora, il était hors de question de dépasser le stade de l'amitié.
Même si Graziano buvait plus que nécessaire pour assurer la sécurité de la jeune femme en sa présence, il arrivait que parfois, lorsque ses mains se posaient sur sa chair, l'odeur de son sang ne le grise...
Il s'empressait alors de s'écarter, mais Liora avait plus d'une fois tenté de le retenir contre elle. Semblant soudain en proie à une passion brûlante, elle essayait de déposer sur les lèvres du vampire des baisers enfiévrés, et malgré le désir qu'il sentait naître en lui, il la repoussait doucement.
Non, aller plus loin que leurs jeux innocents était bien trop dangereux. Et puis, Graziano se demandait souvent s'il n'avait pas fait la chose la plus regrettable de toute sa vie en la priant de rester près de lui.
De toute évidence, il s'était attaché à elle, trop pour ne pas souffrir si elle venait à disparaître. Il était immortel, elle était mortelle. Il ne craignait rien d'autre que le soleil...les maladies et le temps finiraient par avoir raison d'elle.
Lui ne mourait jamais, elle, mourait inévitablement un jour.
La transformer? Il y avait déjà pensé. Mais non, il ne pouvait se résoudre à une telle chose. Déjà, il répugnait à lui voler son humanité et à la contraindre à jamais à l'existence de prédateur nocturne qu'il menait...
Et 200 ans c'était encore très jeune pour un vampire. Il aurait été incapable de venir au bout du « rite » pour la rendre comme lui. Sitôt qu'il sentait le sang couler dans sa gorge, il ne savait plus se détacher de sa proie jusqu'à ce qu'elle soit sur le point de mourir.

Malgré la distance qu'il s'efforçait de maintenir entre eux, il se rendit bientôt compte que Liora l'aimait. Ses gestes, ses regards, ses sourires...Tout le disait...
Au début, Graziano ne disait rien, pensant qu'elle était tout simplement victime de ses pouvoirs vampiriques et que cette passion n'était pas véritable.
Bien sur ils n'y étaient pas pour rien. Comment ne pas succomber au charme de cet homme à la voix de velours et au corps si parfait? Mais il y avait autre chose, de bien plus profond que ça...
Bien que sa beauté était un plus, ce que la jeune femme aimait chez lui, c'était avant tout son tempérament...Il était doux, attentionné, rieur...Peut être un peu trop protecteur parfois mais cela ne partait que de bons sentiments.

Elle était parfaitement consciente de ce qu'elle éprouvait pour lui...
C'est alors qu'une nuit, tout bascula...

La nuit était depuis longtemps tombée sur une France ravagée par la guerre, la misère et l'horreur.
Graziano qui venait de rentrer de son habituelle promenade nocturne s'étirait paresseusement sur le canapé qui lui servait de lit depuis que la jeune femme occupait le sien. Cette dernière, assise sur le sol le contemplait de ses yeux en amande.
-"Tu es bien silencieuse aujourd'hui", fit-il remarquer en souriant, accoutumé à ce qu'elle se mette à jacasser sitôt qu'elle en avait l'occasion.
Il se leva et aller chercher un jean dans une grande armoire pour remplacer celui qu'il portait et qu'il avait sali en chassant de jeunes rats, et Liora se retourna pendant qu'il se changeait.

-"J'aimerais te parler Graziano", dit-elle enfin quand il eut terminé.
-"Je t'écoute", répondit-il en jetant nonchalamment le pantalon qu'il venait de retirer sur la pile de linge à aller laver.
"Je t'aime."
-"Pardon?!" S'exclama-t-il alarmé, se tournant brusquement vers elle.
-"Je n'ai encore rien dit", fit-elle en haussant gracieusement les sourcils dans une expression relevant à la fois de l'étonnement et de la suspicion. Le bel italien la regardait d'un air horrifié. Elle ne remuait pas les lèvres et pourtant il l'entendait parler.
"Mais qu'est-ce qui lui prend?"
Non, il l'entendait penser! Que se passait-il?! C'était la première fois qu'une telle chose se produisait! Les vampires savaient-ils lire dans les pensées? Si oui pourquoi ce pouvoir ne se manifestait-il que maintenant?
-"Graziano soit un peu sérieux! Ce que je veux te dire est très important!"
Il s'efforça à sourire mais il savait déjà tout ce qu'elle allait dire avant même qu'elle n'ait ouvert la bouche.
Non...Pitié Seigneur...Empêchez là de prononcer les mots qui risquaient de tout gâcher!
-"Je ne sais pas comment te dire ça mais..."commença-t-elle en bafouillant énormément alors que le vampire entendait son c½ur s'affoler dans sa poitrine. "Je t'aime. Non c'est trop direct... Je voulais te dire que tu comptes beaucoup pour moi....Mais plus...qu'en tant qu'ami..."
Elle sourit timidement devant l'air abasourdi de son interlocuteur.
Alors malgré tous ses efforts, ils y étaient arrivés...Au moment où elle lui déclarait son amour éternel qu'il devait rejeter pour leur bien à tous deux...
-"Je regrette mais ce n'est pas réciproque", répliqua-t-il plus froidement qu'il ne l'aurait voulu.
Les yeux de biche de la jeune femme se remplirent de larmes.
-"Si ce n'est pas l'amour qui t'a poussé à me garder près de toi, qu'étais-ce alors?!" S'écria-t-elle quelques instants plus tard, son beau visage ruisselant de ses pleurs. "Réponds!"
Le c½ur aussi lourd que le jour où il avait quitté Paris, laissant sa vie d'humain derrière lui, Graziano se détourna d'elle. Que lui répondre? Qu'il l'aimait comme jamais il n'avait aimé aucune autre femme mais que sa nature de vampire la mettrait en danger? Que déjà le simple fait de lui effleurer la main réveillait parfois la créature sanguinaire qui sommeillait en lui depuis plus de deux siècles? Non, elle le prendrait pour un fou...

Folle de douleur, Liora s'avança vers lui.
-"Je ne suis pas assez bien pour toi?! Ou alors tu en as assez de moi?! Réponds moi!" Hurla-t-elle en l'attrapant par les poignets, le forçant à la regarder.
-"J'avais seulement besoin de compagnie, rien de plus. Voilà! Satisfaite?" Répliqua-t-il d'un ton féroce en dégageant ses poignets, ses yeux de tigre flamboyant d'un éclat sauvage. Bien sur il mentait. Il l'aimait...Il l'aimait d'amour depuis des mois...
La jeune femme recula de quelques pas, effrayée par ces yeux si durs, si effrayants...
-"Non Liora...", fit Graziano se ressaisissant soudain, "je ne voulais pas dire ça!"
Mais il était trop tard, elle tournait déjà les talons et ouvrant la porte de la cave à la volée, elle s'enfuit en courant.

De rage, Graziano envoya valser chevalet et peintures. Pourquoi avait-il fallu qu'il dise ça? Il aurait pu trouver autre chose et surtout, le dire avec moins d'agressivité! Mais la surprise et cette histoire de lire dans les pensées lui avaient fait perdre tous ses moyens.
Et à cause de sa nature, il allait aussi perdre celle qui avait su faire battre son c½ur dés le premier regard, celle qui avait réussi à lui faire quitter les chemins mornes de la solitude...
Elle était si fragile...Petite humaine dans la nuit noire, à la merci de toutes créatures qui passeraient par là...
Sans réfléchir plus Graziano se lança à sa poursuite. S'il lui arrivait quelque chose il ne pourrait jamais se le pardonner. Il devait la retrouver et la persuader de revenir.

La repérer ne lui prit pas longtemps. Elle s'était dissimulée derrière la grange et assise par terre dos au mur, la tête dans les mains, elle pleurait...
-"Ne m'approche pas!" Cracha-t-elle en le regardant s'avancer.
Il n'y prêta aucune attention et la prenant dans ses bras, la releva.
-"Je suis désolé...", murmura-t-il sincèrement à son oreille, lui caressant les cheveux avec douceur alors qu'elle sanglotait sur son épaule. Pendant quelques minutes, il la réconforta, lui assura qu'il ne pensait pas ce qu'il avait dit mais qu'il fallait qu'elle comprenne qu'il ne voulait pas être autre chose que son ami.
Cette mésaventure aurait pu bien se terminer, si le Destin n'en avait décidé autrement.
Un petit bruit provenant de la végétation en face d'eux attira l'attention du vampire. Quel curieux petit bruit! Il ressemblait à un déclic...
Celui d'une arme à feu...
-"A terre Lior!" S'écria-t-il soudain.
Et alors que tous deux plongeaient vers le sol, retentit un coup de feu. Protégeant la jeune femme de son corps, Graziano entendit la balle siffler au dessus d'eux puis percer le bois fragilisé par le temps de la veille bâtisse.
-"Quoi qu'il se passe, reste bien derrière moi," murmura-t-il à l'oreille de Liora. Et alors qu'il se relevait, cinq hommes, pointant sur lui leurs baïonnettes sortirent des fourrés.
-"Ne bougez plus!" Ordonna sèchement l'un d'eux.
Cet accent si dur...Ces casques surmontés d'une petite pointe...Aucun doute possible: des allemands.
Ceux-ci les encerclèrent, les acculant contre le mur de la grange. Graziano ne cilla pas.
-"Qui êtes vous?" Demanda l'officier de la même voix autoritaire.
-"Posez vos armes", répliqua le vampire sur le même ton.
Tandis que les soldats échangeaient regards et sourires goguenards, Graziano fondit sur celui qui semblait être leur chef, et planta ses dents dans la chair tendre de sa gorge...
Avant que les autres, muets de stupeur et d'horreur, ne réagissent, leur camarade s'effondra sur le sol, bouche et yeux grands ouverts comme s'il venait de voir le Diable.
Liora se retint pour ne pas hurler alors que le combat entre celui qu'elle aimait et les quatre soldats s'engageaient.

La lutte fut aussi belle que terrible. Graziano se mouvait avec une telle vélocité et une telle grâce qu'il semblait danser autour de ses assaillants. Par moment, la jeune femme le perdait même de vue quelques secondes...Il combattait avec l'agilité d'un félin et l'endurance d'un loup, évitant les tirs de ses adversaires tout en cherchant à s'approcher d'eux pour que ses lèvres puissent atteindre leur cou.
Très vite, un deuxième soldat fut au sol. Mais les trois autres lui demandèrent plus de temps et d'efforts. En proie à la peur, ils tiraient n'importe où et une de leurs balles toucha Graziano qui poussa un hurlement déchirant, plus semblable à celui d'un animal qu'à celui d'un homme. Sa blessure fit redoubler sa rage de vaincre, et quelques secondes plus tard, un autre allemand tombait à terre, puis dans les instants qui suivirent, l'un des deux survivants s'effondrait à son tour, touché en plein c½ur par une balle perdu de l'autre auquel Graziano brisa la nuque de ses mains puissantes.
-"Graziano! Ça va?" Demanda Liora qui s'approcha aussitôt de lui en courant. Il vacilla soudain et elle eut tout juste le temps de le rattraper avant qu'il ne s'écroule à son tour. Elle poussa soudain un cri d'effroi en voyant que le pantalon et la chemise du jeune homme étaient déjà inondés de sang.
-"Pourquoi est-ce que tu saignes autant?!" S'exclama-t-elle d'une voix paniquée.
Il ouvrit les yeux. Son regard paraissait flou, embrumé. Maintenant, il n'avait d'autres choix, il devait lui dire la vérité....C'était sa seule chance de s'en tirer...Il était trop faible pour se soigner seul, et les balles de revolver et autres armes étaient toujours fatales pour ceux de son espèce...
-"Je suis un vampire Lior..."
La jeune femme resta sans voix. Un vampire? Cela ne lui parut pas aussi incroyable qu'elle l'aurait cru. Graziano était bien trop parfait pour qu'elle ne puisse le croire. Le combat qu'il venait de mener à l'instant suffisait à lui seul à le prouver. Comment aurait-il fait sinon pour terrasser cinq hommes avec la force et la rapidité d'un fauve? Lui le beau, le doux, l'innocent jeune homme.
Tout s'expliquait...Ses talents de chasseur, la rapidité de ses gestes, la pâleur de sa peau, sa beauté stupéfiante...Et surtout, son mode de vie nocturne...
Mais elle n'eut pas davantage le loisir de se dire qu'elle avait passé plus de six mois de sa vie à vivre avec un vampire, car les yeux de Graziano se fermèrent...
-"Ne t'évanouis pas!" Hurla-t-elle en le secouant. "Ne meurs pas maintenant! Tiens bon!"
Elle était terrifiée à l'idée qu'il succombe à sa blessure et ne la laisse seul...D'une part elle dépendait de lui, elle avait besoin de son aide, elle ne pouvait survivre seule dans cette nature hostile. Cela c'était un fait indéniable. D'autre part, et c'était le plus important...elle ne voulait pas que cet homme, cette énigme qu'elle commençait tout juste à comprendre, périsse. Elle ne voulait pas qu'il la quitte. Pas maintenant, pas comme ça.
Ils n'étaient pas loin de leur abri...Prenant son courage à deux mains, elle tira l'homme jusque là bas, abandonnant avec mépris les cadavres de ses adversaires terrassés qui serviraient bientôt de pitance aux animaux errants...

Graziano reprit conscience en entendant le tissu de sa chemise se déchirer. Ils se trouvaient dans la cave de la veille ferme. Liora l'avait allongé sur le lit et c'était elle qui venait de lui déchirer son vêtement.
Elle poussa un gémissement horrifié en examinant sa blessure. Il baissa les yeux et aperçut une entaille déchiquetée et étroite qui paraissait superficielle. Pour un mortel cette blessure aurait été sans conséquence mais là il s'en écoulait un véritable torrent de sang. Et c'était ce qui risquait de lui être fatal...
-"Mais pourquoi saignes-tu autant?" Balbutia Liora pour la deuxième fois. La blessure n'est pourtant pas grave.
Graziano se sentait si faible qu'il dut faire preuve d'un énorme effort de volonté pour répondre:
-"Notre sang ne peut pas coaguler. N'importe quelle lésion de ce genre peut tuer un vampire, et..."
Il se tut, incapable de prononcer un mot de plus. Sa vision se troublait et la tête lui tournait. Il sentait qu'il n'allait pas tarder à perdre de nouveau connaissance.
-"Bloque...le saignement...sinon, je meurs.."
-"Ne parle plus! J'ai compris!"
Elle roula un morceau de chemise en boule et l'appliqua sur la blessure. Puis elle lui retira sa ceinture de jean et la noua autour de ses hanches par-dessus le pansement improvisé, serrant si fort qu'il en eut le souffle coupé et lui procurant une douleur si vive qu'il revint à lui.
-"Si je meurs, promet moi d'être prudente..." murmura-t-il en levant une main pour caresser les magnifiques cheveux de la jeune femme.
-"Tais toi Graziano", l'interrompit-elle. "Tu vas vivre! Maintenant, dis moi ce que je dois faire."
Graziano sentait ses paupières s'alourdir. De nouveau, il sombrait dans l'évanouissement.
-"Ah non, ne me fais pas ce coup là!" Protesta-t-elle en le secouant par les épaules. "Que dois-je faire?! Réponds moi Graziano!"
Il rouvrit les yeux, la regarda. Une larme roulait sur la joue de la jeune femme...Il esquissa un sourire forcé.
-"Nos blessures...guérissent...le jour", murmura-t-il. "Notre sommeil est régénérateur. Tu dois...me garder en vie...jusqu'à ce que je m'endorme..."
-"Comment?"
-"Arrête l'hémorragie...Armoire...Tu trouveras..."
Elle hocha la tête et se précipita vers la grande armoire qui occupait un coin de la pièce. Un instant plus tard, elle revint les bras chargés de compresses et de bandelettes cicatrisantes. Elle avait aussi apporté de quoi faire des points de suture.
Graziano frissonna. Il était hors de question qu'elle le pique avec une aiguille, ce qui lui causerait une douleur intolérable car les immortels étaient bien plus sensibles à la douleur que les humains!
Elle dénoua la boucle de sa ceinture pour lui retirer son garrot improvisé et une mine horrifiée se peignit sur son visage alors que la blessure se remettait à dégorger un flot de sang.
Pinçant les lèvres de la plaie entre ses doigts, elle y appliqua rapidement plusieurs bandelettes cicatrisantes en les serrant les unes contre les autres puis elle recouvrit l'ensemble d'une large compresse. Mais ce qui soignait un humain était insuffisant pour un vampire. La pression du sang était trop forte. Deux minutes s'étaient à peine écoulées que le pansement disparaissait sous une flaque rouge.
Graziano trembla en voyant Liora dérouler un long fil noir puis se saisir d'une aiguille.
-"Non!"
-"Il le faut Graziano", répliqua-t-elle en passant le fil dans le chas de l'aiguille. "Préfères-tu mourir?"
Elle arracha compresse et bandelettes.
-"Maintenant, serre les dents!"
Quand elle cousit, il fut la proie d'une douleur si violente qu'il s'évanouit. Il avait perdu tant de sang qu'il ne pouvait plus tenir le coup...

Après avoir achevé de suturer la plaie, elle la nettoya et la couvrit de compresses stériles. Son travail fini, elle le regarda.
Il dormait paisiblement. Le saignement était bien arrêté, il ne reprendrait pas. Et si ce que Graziano lui avait dit sur les propriétés régénératrices du sommeil des vampires était vrai, il vivrait.
Le pull de Liora était maculé de sang et déchiré, bon à jeter. Tout comme son pantalon, constata-t-elle en baissant les yeux. Mais Graziano était dans un état encore plus pitoyable. Elle songea qu'elle devait lui faire sa toilette. Elle n'avait pas le choix, de toute façon, il n'y avait personne d'autre pour s'en charger.
Et si elle n'osait se l'avouer, au fond d'elle-même, elle était exaltée à l'idée de le déshabiller pour le laver...
D'abord, elle alla elle-même se changer et revêtit une simple robe de chambre que le vampire avait déniché lors de ses escapades dans les villes voisines. Ainsi elle ne salirait pas le peu d'autres vêtements qu'elle avait et qu'elle voulait préserver.

Elle retourna près de Graziano. Il était encore inconscient.
Elle le souleva doucement par les épaules, lui ôta ce qui restait de sa chemise et le rallongea sur le lit. Alors, le souffle de Liora se coupa dans sa gorge tandis qu'elle le regardait. Torse nu, il était...Il était magnifique. Graziano était mince, très musclé, et sa silhouette possédait une indéniable grâce. Sa peau était ferme et douce à la fois. Elle eut l'envie de la toucher, de passer ses mains sur sa poitrine, sur son ventre plat, sur ses larges épaules...
Que lui arrivait-il? La pulsion qui l'habitait tout à coup lui était inconnue, et pourtant elle semblait très familière. Jamais elle n'avait rien éprouvé de tel. L'acte d'amour l'avait toujours dégoutée depuis sa plus tendre enfance, depuis ce temps où son oncle avait abusé d'elle de la pire manière qui soit...
Mais maintenant, elle désirait tenter l'expérience. La tenter d'elle-même.
Et c'était à cause de Graziano qu'elle était dans cet état. Son corps captivait son regard, l'hypnotisait, l'excitait au plus haut degré...
Cependant, elle se renfrogna. Pour le moment, pensait-elle, cet homme avait besoin de son aide, pas de sa passion. Elle ne devait pas l'oublier. Hélas, quand elle commença à déboutonner son jean, ses doigts se mirent à trembler... Et lorsqu'elle s'agenouilla au dessus de lui et tira le pantalon sur ses cuisses, puis jusqu'à ses pieds, elle fut secouée de frissons. Elle lui ôta complètement le jean en s'interdisant de poser les yeux sur lui. Elle courut jusqu'à l'armoire chercher une bassine qu'elle remplit d'eau et un gant de toilette, puis revint près du vampire. Mais elle manquait de résistance.
Pour éponger le sang qui avait séché sur son corps, il fallait bien qu'elle le regarde. Elle nettoya d'abord ses bras et sa poitrine, ses yeux revenant souvent sur ses pectoraux délicieusement halés... Puis elle lava son ventre musclé, ses hanches et ses cuisses.
Alors elle fut incapable de ne pas contempler le triangle de boucles brunes qui ornait son entre-jambe. Et son membre viril, au repos pour le moment, mais mystérieux, splendide et plein de promesses érotiques qu'elle ne pouvais même pas imaginer. Elle avait envie de le toucher...D'éveiller cet objet du désir et de le voir prendre vie en réponse à ses caresses. Elle voulait le sentir vibrer entre ses doigts. Elle souhaitait apprendre les secrets de son plaisir en même temps que les siens.
Mais ces pensées licencieuses lui ressemblaient si peu! Elle se mordit les lèvres et les chassa de son esprit. Elle avait tort, elle le savait, de l'admirer de cette façon alors qu'il était dans l'incapacité de la repousser... C'était mal de sa part de profiter de sa faiblesse. Et cela aurait été encore pire de le toucher pendant qu'il se reposait. Car elle ne doutait pas que s'il avait pu s'opposer à elle, la chasser de ce lit, il l'aurait fait sans hésitation.

Avec soin, elle nettoyait le sang qui avait coulé sur ses jambes. Mais ce simple acte sanitaire lui procurait un intense plaisir sensuel. Passer ses mains sur son corps, inlassablement, avec un gant de toilette pour seul obstacle entre sa peau et la sienne, quel bonheur! Elle se sentait heureuse.
Quand elle eut terminer de le laver, elle était ivre de désir.
Sa respiration devenait saccadée, son c½ur battait la chamade, son ventre se nouait...Et elle savait pourquoi. Elle avait envie de lui. Elle avait faim de lui. Elle voulait Graziano de toute son âme. Quelle femme aurait pu ne pas avoir envie de cet homme, étendu là sur ce lit, nu, superbe de virilité? Même une vierge, même une sainte aurait eu des frissons dans une telle situation!
Comment étais-ce, se demandait-elle, de faire l'amour à un homme comme Graziano?

Elle refoulait cette pensée ridicule. Ce dont il avait besoin maintenant qu'il était propre, c'était de se nourrir pour reprendre des forces. Bien sur, elle pouvait le réveiller et le faire boire au verre le sang des rats qu'il avait capturé quelques heures auparavant, mais le sang chaud et frais d'une humaine était préférable au liquide sans âme d'un animal lui semblait-il.
Oui, oui se disait-elle, elle voulait le nourrir elle-même...Elle voulait sentir sa bouche se poser sur son cou, ses dents plonger dans sa chair et ses lèvres sucer l'essence même de son être...Cela exacerberait son désir...
Elle mesurait tout le danger d'une telle entreprise, mais l'attrait du plaisir qu'elle entrevoyait lui était irrésistible.
Avec résolution, elle s'allongea sur le lit contre le corps nu de l'homme... Elle le retourna doucement, le faisant rouler sur le coté, puis le retourna à demi sur le ventre de manière à ce qu'il soit couché en travers de sa poitrine. Son torse musclé pressait ses seins...

Elle fit courir ses mains dans le dos de Graziano, de sa nuque à la cambrure de ses reins, comme pour apprendre par c½ur les formes de son corps. Posant avec douceur ses mains sur les fesses du vampire, elle le hissa sur elle, afin que son sexe dur appuie sur le centre de sa féminité.
Oui, son sexe dur. Car désormais, lui aussi était excité. Il n'avait pas repris connaissance mais réagissait à ses caresses.
Elle remonta lentement une main sur son dos musculeux et appuya sur sa nuque en guidant son visage vers son cou. En pensée, elle l'appelait. Il l'entendrait forcément, elle le savait...

"Nourris-toi Graziano. Prend ce qu'il te faut...Ce dont tu as envie...Bois mon sang."

La bouche du vampire s'ouvrit contre la peau de la jeune humaine. Elle ferma les yeux alors qu'un frisson lui parcourait le corps. Graziano inclina la tête et embrassa son sein, puis ses dents remontèrent sur sa gorge, et mordillèrent sa chair. Elle poussa un cri mêlant plaisir et douleur. Il but alors son sang, se nourrit à elle....Ses gestes étaient lents et maladroits alors qu'il suçait doucement son élixir de vie, sans brusquerie.
Ses mains remontèrent doucement vers leurs têtes, elles trouvèrent les cheveux de Liora, les caressèrent pendant qu'il continuait de boire. Plus il se rassasiait, plus le désir de la jeune femme s'intensifiait, au point qu'il la posséda toute entière...
Elle sentait Graziano reprendre des forces, il recouvrait sa puissance. Bientôt, ses mains se firent plus énergiques et plus hardies...Elles glissèrent vers son ventre, effleurèrent son mont de Vénus...
Il releva la tête, ouvrit les yeux...Ses pupilles brillaient. Il l'observa quelques instants, et il put voir qu'il n'y avait en la jeune femme aucune hésitation, aucune résistance, rien que le désir irrépressible de se donner à lui...
Il se redressa sur les bras et rajusta sa position afin de mieux se placer sur elle, alors qu'elle s'ouvrait pour l'accueillir...
Elle ne regrettait pas de l'avoir excité ainsi. Enfin il cédait à ses avances...Elle voulait le sentir en elle, elle voulait qu'il la prenne, qu'il la possède totalement...

-"Oui Liora..." murmura-t-il d'une voix chaude et envoutante. "Totalement..."

Zut! Elle avait oublié l'éventualité qu'il sache lire dans les pensées!

-"Touche moi Lior", reprit-il d'une voix devenue soudainement plus rauque, "touche moi comme il te plaira..."

Sans plus attendre, il prit la main de la jeune femme et la guida entre leurs deux corps. Elle le touchait, l'encerclait, le serrait, le caressait voluptueusement...
En quelques secondes, elle bascula vers l'extase...Elle l'étreignait avec une ardeur qui la surprit elle-même alors qu'il couvrait ses seins de caresses, qu'il l'embrassait sur la bouche, passionnément, comme elle en avait envie depuis si longtemps, tout en imprimant à leurs corps enlacés des mouvement plein de promesses...
Frénétique, le vampire écarta les pans du peignoir de sa compagne . Elle, elle sentait son c½ur battre à tout rompre dans sa poitrine, à lui en casser les côtes...Leurs peaux étaient brulantes...Elle l'embrassait encore, en l'enlaçant comme pour ne plus jamais le quitter...Le désir la possédait entièrement...Au point qu'elle n'avait plus toute sa raison...
Graziano lui, semblait savoir à quoi s'attendre, elle sentait qu'il maîtrisait la situation...

Il plongea ses yeux embrumés par la passion dans ceux de sa partenaire. Elle se cambra contre lui pour mieux le recevoir...Et elle poussa un gémissement de bonheur quand il la fit femme...
Puis il s'agrippa à sa taille et la serra, s'enfouissant tout entier en Liora alors qu'elle renversait la tête en arrière pour crier son plaisir.
Il commença à aller et venir en elle, et elle l'accompagnait dans cette danse immémoriale pour prendre tout ce qu'il avait à lui offrir...

Un spasme violent saisit soudain le centre de sa féminité. Elle avait l'impression d'exploser de bonheur et de plaisir, de voler en mille éclats scintillants...
Son orgasme se répéta une fois, deux fois, trois fois, encore et encore alors qu'elle hurlait son plaisir...
Elle était pulvérisée...
Elle sentit les larmes lui monter aux yeux quand la semence de son partenaire jaillit en elle. Leurs âmes s'unirent, fusionnèrent en même temps que leurs corps. Ils ne firent plus qu'un...
Des vagues et des vagues de plaisir déferlaient en elle, l'emportant dans un océan de sensations inimaginables...

Soudain, les yeux brillant de cet éclat sauvage si terrifiant, Graziano planta de nouveau ses crocs dans la gorge de Liora. Elle poussa un petit cri de surprise mais ne résista pas et s'abandonna à nouveau aux mouvements qui déclenchait en elle tant de plaisir...
Hélas pour elle, elle ne réagit que lorsqu'il l'eut quasiment vidé de tout son sang! Elle se débattait vainement dans ses bras, gémissait...Mais affamé comme Graziano l'était, il ne se dominait plus...Il avait arrêté d'aller et venir en elle et continuait à pomper son élixir de vie...
-"Stop", l'entendit-il murmurer. "S'il te plait, arrête!"
Elle était trop affaibli pour se défendre. Il la retint contre elle sans cesser de pomper son sang délicieux qui l'emplissait, le réchauffait...
-"Ah...Tu me tues..." murmura-t-elle d'une voix presque inaudible, les yeux brouillés par les larmes. "Soit maudit..."
A ces mots, il eut un sursaut de conscience et prit brutalement la mesure de l'atrocité de son acte. Liora...Cette femme qu'il aimait depuis tant de jours était en train de mourir dans ses bras!
Avec la brusquerie du désespoir, il s'écarta d'elle...Les yeux de la jeune femme, réduits à deux fentes vitreuses, le fixèrent un instant d'un regard où la mort rôdait déjà, puis ils se fermèrent...
Les yeux écarquillés d'horreur, Graziano la contemplât quelques instants. Qu'avait-il fait?!
-"Liora! Liora!" S'écria-t-il en la secouant, pauvre petite poupée désarticulée, alors qu'il éclatait en sanglot. En proie au plus cruel des désespoirs, il chercha du regard un objet tranchant. Il se saisit d'un canif posé sur une table basse non loin du lit, et s'entailla la gorge. Aussitôt, du sang s'échappa de la plaie, et attrapant la jeune femme, il appuya le visage de celle-ci contre son épaule ou coulait le précieux liquide.
-"Bois Liora, Bois!" L'exhorta-t-il. Mais il était trop tard, elle était morte...
Combien de temps Graziano passa-t-il à pleurer sur le cadavre? Il ne pouvait le dire précisément...
Tout ce qu'il garda de ce moment de son existence, c'est la douleur intense, lancinante, cruelle, qui le frappa au c½ur. Il crut devenir fou...
Comme la nuit où il devint un monstre, l'envie de s'exposer à la morsure brûlante de l'astre du jour le saisit, Seulement, il n'en trouva jamais le courage.
Il se languissait de mourir mais le craignait en même temps. Pourquoi vivre encore alors qu'il venait de commettre le plus affreux, le plus abominable meurtre de son existence? Il n'avait jamais autant mérité de mourir que maintenant qu'il avait le sang de Liora sur les doigts. Mais qu'arriverait-il à son âme en admettant que les vampires en possédaient une? Les chrétiens parlaient de Paradis et d'Enfer...D'autres disaient que rien ne nous attendait d'autre dans l'au-delà que le néant...
Graziano était perdu, comme lors de ses premiers jours en tant qu'immortel. Perdu et fou de douleur...

Une nuit, il enterra la jeune femme à l'ombre d'un immense chêne, déposa sur la tombe de fortune autant de fleurs sauvages qu'il put trouver, puis quitta pour toujours cette région où Liora reposerait à jamais...
A partir de ce jour, Graziano, fou de chagrin changea totalement...Le vampire doux et gentil qu'il était, laissa place à un être sanguinaire et sauvage, aussi cruel que fourbe et vicieux...
Il avait décidé de ne plus renier ce qu'il pensait être depuis que l'autre immortel l'avait transformé; un monstre. Une créature dangereuse et féroce...
Il parcourut la France durant des années, tuant sans distinction pour rassasier sa soif de sang et de meurtres. Graziano devenait beaucoup trop dangereux à attaquer n'importe qui sans même prendre la peine de le faire discrètement, et le ministère de la magie chercha à l'éliminer sans jamais y parvenir. C'est ainsi qu'il apprit l'existence des sorciers...
Il rencontra d'autres vampires, mais ne resta jamais bien longtemps avec eux et finissait par reprendre son errance solitaire et libertine. Libertine mais non plus dans le sens de libre penseur...
Mais même s'il était devenu une créature assoiffée de sang, il n'en garda pas moins un coté civilisé et très cultivé. Il se rendait régulièrement à l'opéra, au théâtre...Et apprit à s'adapter à la technologie des moldus.
Pour exorciser la douleur engendrée par la perte de Liora, il continua à peindre et à écrire...
Et depuis sa mort, il n'entendit plus jamais les pensées de personne...Si bien qu'il se demandait s'il n'avait pas imaginé ce qu'il avait cru entendre.

En 1997, il vint aux oreilles du vampire une nouvelle qui le poussa à se rendre en Angleterre...On murmurait partout que Satan, le Roi des Enfers était de retour après des millions d'années d'exil. La légende était-elle donc vraie?
Si c'était le cas, Graziano voulait le rejoindre...Après tout, n'était-il pas d'une certaine manière l'un de ses enfants?
En Février, il quitta donc sa douce France pour rejoindre le Maître du Chaos qui l'accueillit à bras ouverts, et Graziano rejoint par la même occasion, les immortels qui capturent les humains pour les réduire à l'état d'esclaves...


Caractère: Jadis, Graziano était un jeune homme plein de vie, doux, compatissant, gentil et énormément séducteur tout en restant discret. Ambitieux, il attendait son heure dans l'ombre en attendant patiemment l'heure de gloire qu'il n'aurait jamais.
Vampire, il conserva sa gentilesse et sa douceur, mais laissa de coté ses tendances de Dom Juan pour ne causer de mal à personne.
Il devint solitaire, ermite retiré dans son abri qui se consacrait pleinement à la peinture et à la littérature.
Liora fut le rayon de soleil qui lui manquait dans sa morne existence. Il s'éprit éperdumment d'elle, mais n'en laissa jamais rien voir jusqu'au soir où après qu'elle l'eut sauvé, ils se laissèrent aller à leur passion.
Après, qu'incapable de se contrôler, Graziano l'eut tué, son tempérament changea radicalement...
Possessif, il ne supporte pas que l'on puisse le remplacer d'une quelconque manière que ce soit, et il peut s'avérer violent et lunatique. Mais il a apprit à se contrôler un minimum, tuant sans distinction pour rassasier sa faim.
On peut le dire cruel et rancunier, appréciant les joies de la vengeance en s'y perdant lui-même, s'attachant parfois à ses victimes lorsqu'il s'en approche de trop. Pourtant il n'a pas pour habitude de s'embêter inutilement...
Il aime fumer, plaisir qui lui fait passer le temps alors qu'il peint, qu'il lit ou qu'il se promène tout simplement. Ainsi il n'est pas rare de trouver dans la poche de son manteau, un paquet de cigarettes et un petit briquet..
Il est très cultivé et aime aller régulièrement à l'opéra et théâtre et participer à toutes les choses culturelles qui se passent sur le territoire.

Descrïption physique: Des yeux qui paraissent coulés dans du chocolat et dont les pupilles sont zébrées de rayures noires, une peau pâle et froide comme une tombe telle que celle d'un vampire doit l'être... Graziano n'est pas spécialement séduisant, pourtant son corps est plutôt agréable, légèrement musclé, pas assez pour être comparé aux sportifs actuels certes mais il a malgré tout un certain charme...

Camp: Celui de Satan.

Pouvoirs: Graziano, en plus d'être doté d'une force surhumaine, d'une rapidité bien supérieure à n'importe quel homme, et des sens surdéveloppés, ne craint que deux choses: le soleil et les balles d'argent. Mais en plus de cela, il a développé un don particulier: il comprend les animaux et peut les diriger par sa simple volonté.



# Posted on Thursday, 18 December 2008 at 7:35 AM

Edited on Thursday, 18 December 2008 at 8:04 AM

"La vie a beaucoup plus d'imagination que nous"-Anatole France.

"La vie a beaucoup plus d'imagination que nous"-Anatole France.
La vie est un mystère, je la découvre.
La vie est parfois oppressante, je résiste.
La vie est pleine de rêves utopiques, je ne m'y accroche pas trop.
La vie est peuplée de gens abrutis, je n'en tiens pas compte.
La vie est comme fictive à mes yeux, je vis au jour le jour.
La vie est unique, j'aimerai y remédier.
La vie posséde de bons moments, mais tellement éphémères...J'aimerai éterniser ces instants.
La vie oblitère mes souvenirs, mais ne les effacera jamais complètement.
La vie m'a parfois amôchée, j'ai su relever la tête.
La vie m'a apporté des êtres qui sont tout pour moi. Je n'omettrai jamais ça.
La vie est faite de règles trop strictes, je ferai de mon existence une anarchie.
La vie n'est pas ce qu'elle paraît, elle est ce qu'on en fait.

# Posted on Saturday, 18 October 2008 at 2:04 PM

Edited on Saturday, 18 October 2008 at 6:34 PM

Même si la route semble infinie, il ne faut pas s'arrêter en chemin.

Même si la route semble infinie, il ne faut pas s'arrêter en chemin.
___C'est marrant, je regarde mes vieilles photos de vacances, et je tombe sur certaines dont je n'ai aucun souvenir.. Tant mieux. C'est justement ça qui est bien avec la photographie, elle permet de faire des voyages dans le temps et de redécouvrir certaines choses qui ont pu être oubliées. Je n'efface rien, je garde tout. Les photos ci contre n'ont rien d'extraordinaire pour tout autre que moi, mais elles représentent tant à mes yeux... Elles comme toutes celles que je conserve précieusement dans ce tiroir de mon bureau, à portée de mains pour les jours mornes et gris. Cette époque me paraît si lointaine et en même temps si proche. Le temps passe à une telle vitesse que ça en est effrayant. J'ai l'impression que la vie va passer plus vite que ne passe une semaine, et que malgré tous mes discours remplis d'une impétueuse colère contre cette putain de vie, je la regretterai lorsque je sentirai approcher l'heure où il me faudra la quitter. J'ai le temps, pensez vous derrière votre écran. Oui, oui je l'espére. C'est tout ce que je puis faire. On ne sait jamais de quoi demain sera fait. Un malheur est si vite arrivé. Aussi bien à vous qu'à vos proches. On ne pense, malheureusement que trop rarement, que cela n'arrive pas qu'aux autres. Alors cessez de vous tourmenter, de vous arrêtez sur quelques malheureux détails. Gardez toujours le sourire, même si vous avez de bonnes raisons de pleurer. Contrairement aux apparences, le temps est notre allié. Il guérit les plaies, et s'il ne les soigne toujours complètement, aide à les panser. Profitez de chaque moment de votre vie! Nous n'en avons qu'une. Une seule pour réaliser nos rêves, et profiter des gens qu'on aime. C'est pour cela que même si la colère ou le chagrin vous habitent, vous vous devez de veiller à ne pas les blesser. Dans ces sentiments, on a tendance à laisser s'échapper trop vite des mots qu'on ne pense pas toujours. Et il est plus facile de les oublier pour celui qui les a dit que pour celui qui les a entendu. La vie est trop courte. Ne blessez pas les personnes qui vous aiment, et ne gaspillez aucun moment de votre existence à vous morfondre sur vous même, allez toujours de l'avant. Cela peut paraître impossible. En effet, comment passer au dessus de sa fureur? Ou de sa tristesse, sentiment encore plus piège. Car l'âme humaine se complait dans la tristesse. Avez-vous déjà remarqué que lorsque vous êtes triste, vous vous portez naturellement vers des musiques mélancoliques voire carrément sinistres? Mais il ne faut pas se laisser prendre au piège, ou tout du moins, pas trop longtemps. Car il est normal d'éprouver, d'avoir besoin d'éprouver, de la nostalgie de temps en temps. On ne peut être joyeux tout le temps. C'est dans la nature de l'homme que de revenir sur son passé, sur ses actes, faisant ainsi une sorte de bilan de lui même. Et ce parce que nous sommes des animaux doués de pensées bien plus profondes encore que les autres espèces. Mais sortez de cet état de passivité pitoyable au plus vite. Si quelque chose ne va pas, prenez les choses en mains, il n'y a que de cette manière qu'elles avanceront. Et si elles ne dépendent pas de vous, mais d'une autorité supérieure comme vos parents ou la loi, ou d'un facteur tout autre? Comme la non réciprocité d'un amour, comme un manque d'argent, ou encore une liberté dont on ne dispose pas assez à son goût ... Essayez de cibler l'endroit où ça bloque, et tentez de faire bouger les choses de n'importe quelles façons imaginables, du moment qu'elles restent hônnetes. Et si vous n'y arrivez pas, abandonnez. Le problème s'arrangera peut être plus tard, comme ça arrive souvent. Ne vous découragez jamais, c'est là la clef du succés. Bref, c''était comment partir de simples photos de vacances pour en arriver à un débat philosophique xD
___Mais pour le moment, l'heure n'est pas aux vacances mais aux cours. Oui, cette chose qui est capable de déprimer un quart de la population. Je pense que je finirais sur un lit d'hôpital avant la fin de l'année à cause d'une overdose de travail.. Mais bon. Il ne vaut mieux pas se plaindre car les années qui vont suivre ne s'annoncent pas roses non plus. "A t-on raison de croire en son avenir?". C'est une question qui me donne l'impression de m'avoir toujours hantée. Question presque digne d'un cours de philo d'ailleurs. C'est bizarre mais j'ai l'impression d'aimer cette matière, bien qu'elle soit farfelue & parfois incompréhensible. En gros, comme dirait Mam', la philosophie c'est -Comment dire des choses simples en disant des choses compliquées-.
___Souvent je me pose pas mal de questions. Il y a pas longtemps je me suis encore demandé comment les scientifiques savaient ce qu'il y avait dans la tête d'un poisson rouge, ou pourquoi le mot "séparé" s'écrit-il en un seul, et le mot "tous ensembles", en deux. Mais ce ne sont que les "gentilles" questions. Pas celles qui m'empoisonnent sous leurs faux airs amicaux. Quelles sont les valeurs qui comptent pour moi? l'amour, le courage, la sincérité, l'honneur, l'amitié? L'Amitié avant tout bien sur. Mais est-ce que je n'idéalise pas trop cette valeur? Est-ce que d'autres seraient aussi prêts à tout sacrifier pour leurs amis? Est-ce que je mérite vraiment les amis qui m'entourent? Pourquoi dit-on qu'on "tombe amoureux"? Parce que l'amour fait obligatoirement souffrir? Pourquoi les adolescents ont-ils toujours l'impression d'être des incompris? Pourquoi nous arrive-t-il parfois de se sentir si seuls qu'on va jusqu'à penser que la seule idée de pouvoir mettre fin à sa vie quand nous saturerons trop nous réconforte? Les Hommes ne pensent-ils qu'à l'argent? Vont-ils être l'instrument de leur propre fin?
Tant de questions préoccupantes... Ou futiles. Mais s'arrêter là dessus ne servirait à rien. Le temps ne s'arrête pas, il faut vivre au jour le jour. Se battre jusqu'au bout pour qu'à la fin de notre vie, nous soyons fiers de regarder derrière nous.

__________________________________________________
Cendre-de-Rose


N'oubliez jamais:

"Nous avons toute la vie pour nous amuser, nous avons toute la mort pour nous reposer."
_____________________________________________________________________Georges Moustaki

"On vit
On ne meurt qu'une fois...
Et on n'a le temps de rien,
Que c'est déjà la fin...
[...]
Faut jamais se retourner
en s'disant que c'est dommage,
d'avoir passé l'âge "
__________________________________________Pascal Obispo-Lucie

# Posted on Saturday, 18 October 2008 at 9:49 AM

Edited on Saturday, 18 October 2008 at 1:21 PM

Errare humanus est.

Errare humanus est.
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Un GRAND vide, aucune imagination.
Je pense juste au temps qui passe.
Imaginez, imaginez que l'on puisse remonter le temps pour réparer ses erreurs.
Referions nous les mêmes? Et ce même si nous avions décidé que cette fois, nous ne nous planterions plus? Serions nous assez forts pour respecter cette promesse faite à nous même? Ou la force des choses nous dépasserait-elle une fois de plus? Là n'est pas la question puisqu'on ne peut remonter le temps. Il faut vivre au présent avec son passé. Il fait parti de nous, qu'il soit bon ou mauvais. De toute façon, une chose faite est faite. Alors pourquoi sans cesse se ruiner l'esprit en se mordant les doigts et en se répétant:
"Si j'avais osé!", "Si j'avais fait ci!", "Si j'avais fait ça!"? Cela fait beaucoup de "si", vous ne trouvez pas?

Ne jamais regretter ses actes !

# Posted on Saturday, 18 October 2008 at 9:43 AM

Les princes des mots tordus xD

Les princes des mots tordus xD
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Lorsque la langue fourche, qu'on écoute à moitié ce que l'autre nous dit ou tout simplement que l'on est un grand philosophe... Quelques petites phrases et dialogues inoubliables :D



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Mr Mathé:

-"je rame, donc je suis" xD

-Grosses patates vous êtes, grosses patates vous resterez!

-Mais que vous êtes mous! Bienvenue au royaume de la méduse!

-André il fait poussiéreux. Il doit dater du 19eme. Non vous ne trouvez pas?

_________________________________________♥♥♥♥♥____________________________________


Marie:

- Tu veux devenir mon aRmi Armand?

- Attends j'vais boire un pou*!
___________________________ Traduction: Attends je vais boire un coup/un peu xD

- Attention va y avoir un torage!
_________________ Traduction: Attention il va y avoir de l'orage xD

-Je suis exteRnuée!


_________________________________________♥♥♥♥♥____________________________________

Divers petits dialogues

Me: Jerem dépêche toi de te préparer! Tu vas rater ton entrée!
Jerem: Si tu m'aides pas à enfiler cette maudite veste c'est toute la première scène que je vais rater! xD


Me: Maman, t'as pas vu le chat?
Mam': Non. Je pensais qu'il était avec toi.
Me: Il doit surement se canicher* quelque part.

*note du traducteur: mot hybride provenant du verbe "se cacher" et "se nicher" xD


Marie: Cendrillon pour ses 20 ans, et la plus jolie des enfants ♫♫
Me: Son bel aRmant, le prince charmant, la prend sur son cheval blanc ♫♫
Marie: Son beau quoi? xD

Marie: Mr et Mme Osaure ont un fils, comment s'appelle-t-il?
Me: Euh...
Marie: Dean! Parce que Dinosaure! :D
Me: ...ça vole tellement bas que ça vole même pas xD



_________________________________________♥♥♥♥♥____________________________________

Auré

-Lui j'arrive pas à le regarder dans les yeux mais les fesses ça va.

-C'est toujours quand je suis au téléphone qu'on m'appelle!

-La porte m'emporte!

-Qui fait l'malin tombe dans le ravin!

_________________________________________♥♥♥♥♥____________________________________

Me:

-(la gorge serrée et réfugiée sur une chaise alors qu'un drôle d'insecte se balade par terre tout autour): T'inquiètes pas maman, la p'tite bête elle s'en allera!

-Tu veux un baisou?

_________________________________________♥♥♥♥♥____________________________________


Coco:

-Et Marina, y a les crachoteurs! xD

-L'éternité, c'est long. Surtout vers la fin.


_________________________________________♥♥♥♥♥____________________________________

Jerem:

-Le sens de l'homme c'est d'être multisens
traduction: je cherche encore xD

-Si l'herbe est plus verte dans le jardin de ton voisin, laisse-le s'emmerder à la tondre.

_________________________________________♥♥♥♥♥____________________________________

Pauline:

-En fait, les verbes français sont des anarchistes.

_________________________________________♥♥♥♥♥____________________________________

Mam':

-Marina arrête de lire tu vas avoir mal à tes oiseaux!
__________Traduction: Marina [..] tu vas avoir mal à la tête xD

-Elle jouait souvent aux machines à choux.

-Qu'est ce que tu veux Jeremy? froute mile?
___________________________traduction: Qu'est ce que tu veux Jeremy? Moules-frites? xD

-Votre cuit est rire!
_________________Traduction: Votre riz est cuit xD

-Range tes saussettes série!
_________________Traduction: range tes chaussettes chérie xD

- (décrochant le téléphone) Oh! Salaut Marie!
_________________Note du traducteur: mélange de "salut" et "allo": Salaut! xD

# Posted on Sunday, 12 October 2008 at 7:09 AM

Edited on Saturday, 31 October 2009 at 4:46 PM